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Page:Austen - La Nouvelle Emma T1 et 2.djvu/451

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son pouvoir de le faire. Elle fut obligée de garder le silence et de rappeler ses propres idées ; elle n’était pas elle-même dans son assiette ordinaire. La conduite du jeune homme et de sa sœur annonçait une véritable sensibilité, et elle ne put s’empêcher de les plaindre. D’après le narré d’Henriette, il paraissait dans leurs manières un intéressant mélange d’affections blessées et de véritable délicatesse. Elle les croyait de très-honnêtes gens, ayant de bonnes intentions : mais qu’est-ce que cela faisait à la chose, une alliance avec eux n’en était pas moins mauvaise. C’était une folie de s’affecter de cette rencontre. Il devait naturellement être fâché de la perdre, toute la famille devait penser de même. L’ambition et l’amour avaient probablement été mortifiés. Ils avaient peut-être espéré de s’élever par leur alliance avec