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Page:Austen - La Nouvelle Emma T1 et 2.djvu/419

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se détermina à ne plus la haïr. En songeant à son histoire, à sa situation aussi bien qu’à sa beauté ; lorsqu’elle considéra à quoi tant d’élégance était destinée ; à la perte qu’elle faisait d’une situation agréable, et à la vie qu’elle allait mener, il était impossible de sentir pour elle autre chose que de la compassion et du respect, surtout si l’on ajoutait à l’intérêt qu’elle inspirait, la circonstance très-probable de son attachement pour M. Dixon, qu’Emma s’était si naturellement figuré devoir exister. S’il en était ainsi, elle méritait qu’on la plaignît de l’effort qu’elle faisait, encore plus que du sacrifice auquel elle s’était résolue. Emma l’acquitta de bon cœur d’avoir cherché à séduire M. Dixon, et privé son épouse de ses affections, ce dont son imagination l’avait d’abord crue capable. S’il y avait de l’amour, il était simple et