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Page:Austen - La Nouvelle Emma T1 et 2.djvu/418

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souvenait d’en avoir jamais vu ailleurs. Ce n’était pas une beauté régulière, mais une beauté enchanteresse. Ses jeux, d’un gris foncé, avec des sourcils et des cils noirs, avaient toujours été admirés ; sa peau, à laquelle elle avait trouvé à redire, parce qu’elle manquait de coloris, avait réellement une pureté et une délicatesse qui pouvaient se passer d’éclat. C’était une beauté dont l’élégance était la partie dominante ; et par rapport à ses principes, elle devait l’admirer : élégance qui, soit pour l’esprit, soit pour le corps, n’avait rien qui en approchât à Highbury ; car, dans cette petite ville, c’était une distinction et un mérite de n’être pas tout à fait grossier.

Enfin, pendant la première visite, elle examina Jeanne Fairfax avec une double satisfaction intérieure, celle du plaisir, et celle de rendre justice : elle