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Page:Austen - La Nouvelle Emma T1 et 2.djvu/414

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et ne lui avoir pas donné le goût des plaisirs d’une vie aisée et tranquille qu’elle devait perdre un jour. Cependant l’affection qu’ils lui portaient, combattait en sa faveur, et les empêchait de hâter l’instant malheureux qui devait les séparer. Sa santé, depuis le mariage de leur fille, avait toujours été chancelante ; et jusqu’à ce qu’elle eût recouvré ses forces, ils ne voulurent pas qu’elle commençât à s’acquitter des devoirs d’un emploi qui demandait une force extraordinaire d’esprit et de corps pour les remplir dignement. Quant à ne pas les accompagner en Irlande, le compte qu’elle rendait à sa tante était exact ; elle cachait peut-être quelques vérités. C’était son propre choix de passer pendant leur absence à Highbury, peut-être ses derniers mois de liberté avec ses chers parens, qui avaient pour elle la plus tendre affection : et les Campbell,