Ouvrir le menu principal

Page:Austen - La Nouvelle Emma T1 et 2.djvu/202

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Cette charade est si jolie, que je devine aisément le nom de la fée qui l’a apportée. Il n’y a que vous, Emma, qui puissiez si bien écrire. »

Emma, souriant, ne fit qu’un signe de tête.

Après avoir pensé un peu et poussé un tendre soupir, il ajouta : « Ah ! il est aisé de voir de qui vous tenez. Votre chère mère était si habile à ces sortes de choses ! Si j’avais seulement sa mémoire ! Mais je ne me souviens de rien, pas même de l’énigme dont je vous ai parlé ; je ne me rappelle que de la première strophe ; et il y en a plusieurs. »


Catherine est jolie, autant qu’elle est cruelle,
L’amour m’a consumé, j’en suis encore honteux ;
J’invoquai Cupidon, me fiant à son zèle,
Malgré que je craignis son humeur infidèle,
Car il m’avait rendu déjà trop malheureux.

« Voilà tout ce que je n’ai pas oublié. Elle est belle d’un bout à l’autre ;