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Page:Austen - La Nouvelle Emma T1 et 2.djvu/175

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qu’il croyait être vraie, mais dont il n’avais aucune certitude. Il se pouvait bien que M. Elton eût parlé devant lui d’une manière plus ouverte qu’il ne l’avait fait devant elle ; il était même possible qu’il ne fût pas indifférent quant à la fortune : il n’y avait pas de mal à cela ; mais alors M. Knightley ne comptait pas assez sur l’influence qu’une grande passion devait naturellement avoir sur l’intérêt, influence qui devait faire pencher la balance. M. Knightley ignorait l’existence de cette passion, et par conséquent les effets qu’elle aurait ; mais elle la connaissait trop pour douter un moment qu’elle ne l’emportât sur les circonstances qu’une louable prudence pouvait suggérer ; et elle était très-certaine que M. Elton n’en avait pas d’autre.

La gaîté d’Henriette lui rendit toute la sienne : elle revenait, non pour