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par l’ennui et la tristesse, elle n’avait vu personne qu’elle pût seulement comparer à Frederich Wentworth, dont elle conservait toujours le souvenir ; aucun autre attachement (ce qui peut-être eût été le meilleur remède) ne se présenta dans le cercle étroit dont elle était entourée. Elle fut cependant sollicitée à vingt-deux ans de donner sa main à Charles Musgrove ; et sir Walter n’y aurait pas mis d’obstacle, mais alors le souvenir de Wentworth était encore dans toute sa force, et ne lui permit pas d’écouter les vœux d’un autre homme ; mais elle estimait le caractère du jeune Musgrove, et le vit avec plaisir s’attacher, après son refus, à sa sœur cadette, qui ne lui fut pas rebelle. Elle eut encore dans cette occasion à combattre contre lady Russel, qui voyait dans le fils aîné de M. Musgrove un parti qui, sans être ce qu’elle ambitionnait pour son Alice, lui convenait cependant à beaucoup d’égards : c’était, après les Elliot, la famille la plus considérée du comté ; son père avait de belles propriétés dont il hériterait, et le jeune homme une assez belle apparence. Ce mariage aurait fixé Alice dans son voisinage, et l’aurait tirée de l’état de dépendance et d’injustice dont elle était la victime dans la mai-