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CHAPITRE IV.


Ce n’était pas M. Wentworth, l’ancien curé de Monkford, qui, malgré les apparences, faisait battre le cœur d’Alice, mais un capitaine de vaisseau, M. Frederich Wentworth, qui, à la suite de l’action de Saint-Domingue, avait été fait commandant. N’étant pas immédiatement employé, et ses parens ne vivant plus, il vint passer l’été de 1806 chez son frère le curé de Monkford ; c’était un beau jeune homme, d’une tournure remarquable, et possédant un esprit distingué et brillant. Alice était alors dans la fleur de sa jeunesse, extrêmement jolie, mais plus aimable encore, réunissant le goût, le tact, la gentillesse à beaucoup de douceur, de modestie et de sensibilité : la moitié de cet attrait mutuel aurait suffi pour les attacher l’un à l’autre ; Frederich n’avait rien de mieux à faire que d’être amoureux ; Alice, avec un fond de tendresse dans le cœur, n’avait autour d’elle personne sur qui elle pût la répandre : bientôt la connaissance fut faite, et