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plus d’aucun souvenir, et toute relation cessa ; mais Elisabeth ne put l’oublier aussi complètement ; même après plusieurs années, elle ne pouvait penser à cet ingrat cousin sans un vif sentiment de colère : c’était le seul homme pour qui son cœur de glace eût été légèrement ému ; c’était celui qui, à tous égards, lui convenait le mieux ; ce mariage l’aurait laissée en possession du beau nom d’Elliot, et de la souveraineté de Kellinch-Hall, deux avantages que son père l’avait accoutumée à regarder comme au-dessus de tout : elle ne pouvait donc s’empêcher de soupirer encore et de jeter le Baronnetage avec dépit, quand elle y voyait écrit de la main de son père : Héritier présomptif, William Elliot, fils du second Walter Elliot, marié le … avec … Ce paragraphe avait été écrit dans le temps où sir Walter espérait d’y ajouter le nom de sa fille : il n’avait pu prendre sur lui d’y mettre celui de la femme de son cousin, et il pouvait alors se flatter de nouveau de pouvoir inscrire celui d’Elisabeth. La jeune dame Elliot venait de mourir sans laisser d’enfans ; mais sa mort n’atténuait point les torts qu’on avait à reprocher à son mari ; peut-être à-présent qu’il était veuf, on aurait pu lui par-