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mais elle avait une intime amie à qui elle pouvait se fier entièrement pour maintenir ses filles dans les bons principes qu’elle avait tâché de leur inculquer. Lady Russel, c’était le nom de cette dame, étant devenue veuve quelques années après le mariage de lady Elliot, n’ayant point d’enfans, et jouissant de la liberté de s’établir où elle voudrait, fut entraînée à se rapprocher de son amie. Elle acquit une petite propriété au village de Kellinch, rendit les dernières années de lady Elliot plus heureuses, et lui promit de la remplacer, autant qu’il lui serait possible, auprès de ses enfans. Elle continua en effet, après la mort de lady Elliot, à vivre dans la même intimité avec la famille, et l’on pensait généralement que sir Walter n’aurait pu mieux faire que de l’engager à remplacer sa digne compagne, à devenir la mère des trois jeunes personnes confiées à ses soins ; mais treize années s’écoulèrent sans qu’il en fût question ; ils continuèrent à être voisins, intimes amis, et rien de plus : ni l’un ni l’autre n’avait formé de nouveaux liens.

On comprendra facilement que lady Russel, d’un âge et d’un caractère raisonnables, possédant déjà un titre, une belle fortune,