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La société d’Uppercross traversa quelques rues désertes, tristes, qui sont en pentes rapides, et se trouva sur le rivage, qu’elle suivit lentement, en observant le retour du flux de la mer : elle arriva au parapet nommé le Lobb, dont le capitaine Wentworth avait parlé, et qui excitait la curiosité. Au bout, une petite maison située au pied d’un môle antique, d’une date inconnue, était celle que ses amis Harville occupaient : le capitaine quitta la société pour aller chez eux, en promettant de les rejoindre bientôt.

Aucun des habitans d’Uppercross n’était fatigué de regarder et d’admirer le délicieux paysage ; Louisa même ne paraissait pas s’apercevoir que Wentworth les avait quittés depuis long-temps, quand ils le virent paraître accompagné d’une dame et de deux messieurs déjà connus par les récits de Frederich ; c’était le capitaine Harville, sa femme et un officier de marine nommé Bentick, qui demeurait avec eux. Bentick avait été premier lieutenant sur la Laconia, que Wentworth commandait ; il leur avait beaucoup parlé de ce jeune homme, non-seulement comme d’un excellent officier dont il faisait le plus grand cas, mais aussi comme d’un homme digne à