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qu’elle voyait près de s’attacher pour jamais à un objet qui bien certainement n’aurait pas, comme elle, la folie de refuser son bonheur ! Craignant de se laisser aller à ses tristes pensées et de n’être plus la maîtresse de cacher l’impression douloureuse qu’elle ressentait, elle s’efforça de sortir de sa rêverie, et, levant les yeux, elle demanda si l’on n’était pas sur la route de Winthrop, la ferme des Hayter ? Personne n’eut l’air de l’entendre.

Alice ne se trompait pas ; on parcourait les environs de Winthrop : après avoir fait un demi-mille en montant graduellement de vastes enclos où plusieurs charrues traçaient des sillons, où tout annonçait la proximité d’une ferme, où plus rien ne rappelait le désordre pittoresque de la nature, la compagnie arriva au sommet de la plus haute des collines qui séparaient Uppercross de Winthrop, situé au pied de la colline de l’autre côté. La maison, sans ornement, sans régularité, était basse et entourée de granges, d’étables, de tous les bâtimens d’une cour de ferme.

Maria s’écria : « Que le ciel me bénisse ! c’est cet horrible Winthrop ; je n’avais aucune idée que nous en fussions aussi près ; eh bien ! actuellement nous n’irons pas plus loin, je pense ;