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guerre, et si les hostilités recommencent, il sera sûrement fait amiral ; ne pensez-vous pas comme nous, Alice ? Oh ! décidément il faut qu’il épouse une de mes sœurs.

— Et ce sera la plus jolie, disait Maria ; il a le goût assez bon pour préférer Henriette ; avec quels yeux il la regarde ! ne l’avez-vous pas observé, Alice ? Je parierais volontiers que le capitaine épousera Henriette, et sera fait baronnet à la première campagne : Lady Wentworth ! cela sonne très-bien ; elle aurait le pas sur moi, et cela ne déplairait pas du tout à miss Henriette : Sir Frederich ! Lady Wentworth ! Ce serait, il est vrai, d’une nouvelle création, et je ne fais pas beaucoup de cas de ces sortes de titres ; mais enfin cela vaut mieux, je crois, que d’être mistriss George Hayter. »

C’était précisément pour cela que Maria penchait pour Henriette : la liaison avec l’obscur cousin lui avait toujours souverainement déplu ; elle traitait tous les Hayter avec beaucoup de hauteur, et pensait que ce serait un vrai malheur que de contracter un lien de plus avec eux. « Vous savez, disait-elle, que j’ai toujours pensé qu’il serait honteux de donner Henriette à ce George, qu’on est déjà assez malheureux d’avoir pour parent, sans se rap-