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jours dans sa cure, et laissa, sans s’en douter, son Henriette exposée au charme de la nouveauté, aux galantes attentions de l’aimable étranger, à la légèreté naturelle aux femmes ; et quand il revint, il eut la douleur de la trouver beaucoup plus occupée du capitaine que de lui.

Madame Musgrove et mad. Hayter étaient sœurs ; elles avaient eu chacune de la fortune ; leurs mariages avaient mis entr’elles quelque différence. M. Hayter possédait aussi une propriété, mais c’était peu de chose en comparaison de la belle terre de M. Musgrove, qui tenait le premier rang dans la société du comté, tandis que les jeunes miss Hayter, regardées seulement comme des filles de fermier propriétaire, vivaient retirées dans leur petit domaine, sans luxe, sans autre éducation que celle que leur donnait leur intime liaison avec les cousines Musgrove ; mais George, le fils aîné de la sœur de M. Musgrove, s’étant voué aux études, avait des talens, un esprit cultivé, une tournure élégante : on le distinguait de ses parens, et il méritait de l’être sous plus d’un rapport.

Les deux familles avaient toujours été ensemble dans la plus douce intimité, sans or-