Page:Austen - La Famille Elliot T1.djvu/16

Cette page a été validée par deux contributeurs.


tration ; son pinceau traçait d’après nature, mais jamais d’après des individus.

Le style de sa correspondance familière était le même que celui de ses romans ; il était fini en sortant de sa plume. Ses idées étaient si claires et ses expressions si bien choisies, qu’il n’y avait pas un seul mot à changer : on ne hasarderait pas trop en disant qu’elle n’a jamais écrit une lettre qui fût indigne de la publication.

Le trait le plus important de ce beau caractère, le seul peut-être que sa modestie aurait avoué en entier, était sa parfaite et simple dévotion ; elle était religieuse au fond de l’âme par sentiment et par conviction, et ne permit jamais à son esprit aucun doute. Son cœur était plein d’amour pour son créateur ; et quoiqu’elle aimât aussi son prochain, elle aurait été incapable du même degré d’affection et de dévouement pour aucune créature. Elle était parfaitement instruite de sa croyance par la lecture et la méditation des saints livres, et ses opinions s’accordaient stric-