Page:Austen - La Famille Elliot T1.djvu/11

Cette page a été validée par deux contributeurs.


les faiblesses, les défauts de ceux qu’elle rencontrait ne pouvaient échapper à son regard observateur et pénétrant ; mais jamais elle ne se permettait de les juger avec malice ou sévérité ; les vices même, ou plutôt les gens vicieux, échappaient à sa censure immédiate, parce qu’elle avait peine à le croire, tant le vice était loin de sa pensée ! on ne trouvait chez elle qu’indulgence et bonté. L’affectation de ces qualités n’est pas rare, mais elle n’avait nulle affectation ; tout ce qu’elle disait et faisait partait de son cœur et de son esprit ; elle savait donner de l’agrément et de la mesure à ses actions et à ses paroles. Parfaite autant du moins que l’humaine nature peut l’être, elle cherchait toujours à pallier les fautes de son prochain, à trouver quelque excuse, quelque doute pour les faire oublier et pardonner, et quand c’était impossible, elle trouvait son refuge dans le silence ; alors on changeait bien vite d’entretien pour la retrouver et avoir le plaisir de l’entendre. Sans avoir recours à la médisance ou à la