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de nous : vous voyez que toutes ces occupations ont dû me prendre du temps.

— Plus que cela n’en méritait ; mais pourquoi, Alice, ne me demandez-vous pas quelques nouvelles du grand dîner d’hier chez les Pooles, dont je vous ai fait part de cette réunion ?

— Y avez-vous été ? je ne vous en parlais pas ; parce que je présumais que, n’étant pas en bonne santé, vous aviez été obligée de rester chez vous.

— Oui, sans doute, j’y suis allée ; j’étais très-bien hier ; ce n’est que de ce matin que je suis si mal ; il aurait été trop étrange que je fusse restée chez moi ; qu’y aurais-je fait ?

— Je suis charmée que vous vous soyez donné ce plaisir : j’espère que la partie a été agréable ?

— Non, rien de remarquable ; on sait toujours d’avance ce qu’un dîner doit être ; et puis il est tout-à-fait ridicule et ennuyeux de n’avoir pas son propre équipage. M. et madame Musgrove me prennent toujours avec eux ; et dans leur voiture, je suis serrée à étouffer : ils sont si épais ! ils occupent tant de place ! M. Musgrove veut toujours être au fond ; c’est insupportable ! il faut donc que je sois sur le