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M. et Mme Weston ont réussi à atténuer les effets de la séparation plus que nous ne l’espérions nous-mêmes.

— Il était naturel qu’il en fût ainsi, dit M. Jean Knightley, c’est bien du reste ce que j’avais compris d’après vos lettres. Je ne doutais pas du désir de Mme Weston de se montrer pleine de prévenances ; d’autre part, son mari étant inoccupé et d’un naturel sociable, la tâche lui était rendue facile. Je vous ai toujours dit, ma chérie, que vos appréhensions étaient exagérées ; vous avez entendu le récit d’Emma et j’espère que vous êtes rassurée.

— Certainement, dit M. Woodhouse, je ne doute pas que cette pauvre Mme Weston ne vienne nous voir assez souvent, mais ce ne sont que des visites et il faut toujours qu’elle s’en aille !

— Ce serait bien dur pour ce pauvre M. Weston, papa, dit Emma, s’il en était autrement. Vous oubliez tout à fait l’existence de M. Weston.

— Il me semble en effet, dit M. Jean Knightley en riant, que M. Weston a également quelques droits. Il nous appartient, Emma, de prendre la défense du pauvre mari ; par état je suis qualifié pour intervenir et vous qui êtes encore libre il ne vous est pas interdit de faire preuve d’impartialité. Quant à Isabelle, il y a assez longtemps qu’elle est mariée pour comprendre tout l’avantage qu’il y aurait à mettre les MM. Weston de côté.

— Moi, mon chéri, reprit sa femme, est-ce que vous faites allusion à moi ? Personne ne peut être plus à même que je le suis de parler en faveur du mariage, et s’il ne s’était agi de quitter Hartfield j’aurais toujours considéré Mlle Taylor comme une femme très fortunée. D’autre part, je puis vous assurer que je n’ai