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vent à M. Elton. Croyez-moi, Knightley, je suis très sensible à cette nouvelle marque d’amitié : vous ne pouviez rien imaginer qui me causât plus de plaisir.

M. Knightley avait une raison particulière pour ne pas faire servir le déjeuner en plein air : il espérait amener M. Woodhouse à venir à Donwell et il savait, qu’en ce cas, il ne pouvait être question d’un repas dans le jardin.

M. Woodhouse accepta avec plaisir et approuva tout à fait l’idée de M. Knightley de réunir ses amis aux heures du soleil au lieu de les exposer à l’humidité du soir.

Tout le monde du reste se montra disposé à accepter l’invitation de M. Knightley. Emma et Henriette se faisaient une véritable fête de cette journée. M. Weston, sans attendre d’en être prié, promit de faire tous ses efforts pour que Frank se joignît à eux.

À dire vrai, M. Knightley se serait fort bien passé de cet excès d’honneur, mais il fut forcé de dire qu’il serait enchanté de voir le jeune homme, et M. Weston s’engagea à écrire sans retard à son fils.

Au bout de quelques jours, l’état du cheval de Mme Elton s’étant suffisamment amélioré, on s’occupa de fixer la date de l’excursion à Box Hill ; il fut décidé qu’elle se ferait le lendemain du déjeuner chez M. Knightley.

Au jour dit, par une matinée ensoleillée, M. Woodhouse arriva en voiture à Donwell et fut aussitôt introduit dans une des chambres les plus confortables où un bon feu brûlait depuis le matin. Mme Weston, qui était venue à pied, se sentit fatiguée fort à propos et resta assise auprès de lui. Les autres invités se dispersèrent dans le jardin.

Il y avait longtemps qu’Emma n’était venue à l’Abbaye, et, après s’être assurée que son père était parfaitement à son aise, elle se hâta de sortir ; elle ressentait toujours un intérêt particulier pour cette propriété et se plaisait à tout examiner en détails ; elle s’y sentait doublement attachée par son alliance avec le propriétaire actuel et par sa parenté avec l’héritier du domaine. Elle contemplait avec plaisir les proportions grandioses et le style des bâtiments, la situation plaisante et abritée, les vastes jar-