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— Il y aura, interrompit Emma, tout le temps nécessaire pour discuter le sujet ; il n’y a aucune hâte. Si l’on peut s’arranger à l’hôtel de la Couronne, papa, ce sera bien commode pour les chevaux : ils seront tout près de leur écurie.

— En effet, ma chère, c’est un point important ; non pas que James se plaigne jamais, mais il importe de ménager nos chevaux. Si encore j’étais sûr qu’on aurait soin de bien aérer le salon ! Mais peut-on se fier à Mme Stokes ? J’en doute : je ne la connais même pas de vue.

— Je puis me porter garant que toutes les précautions seront prises, Monsieur, reprit Frank Churchill… Mme Weston surveillera tout elle-même.

— Dans ce cas, papa, vous devez être tranquille : notre chère Mme Weston est le soin personnifié. M. Perry ne disait-il pas, quand j’ai eu la rougeole il y a tant d’années : « Si Mlle Taylor prend la responsabilité de tenir Mlle Emma au chaud, il n’y a pas à se tourmenter ! » Cette preuve de confiance vous avait frappé.

— C’est bien vrai ! Je n’ai pas oublié. Pauvre petite Emma, vous étiez bien malade ! Du moins, vous l’auriez été sans les soins de Perry : il vint quatre fois par jour pendant une semaine. La rougeole est une terrible maladie. J’espère qu’Isabelle, si ses petits enfants ont la rougeole, fera appeler Perry.

— Mon père et Mme Weston sont en ce moment à l’hôtel de la Couronne, en train d’étudier les lieux. Ils désirent connaître votre opinion, Mlle Woodhouse, et ils seraient heureux si vous consentiez à venir les rejoindre. Rien ne peut être fait d’une façon définitive sans vous. Si vous le permettez, je vous accompagnerai jusqu’à l’hôtel.