Page:Aurel - Le nouvel art d'aimer, 1941.djvu/40

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
34
LE NOUVEL ART D’AIMER

Si tu veux la joie,
homme, veille à tes mots. Toi le chef de la paire ; fais-les doux et légers pour plaire et insistants. Et qu’ils fassent justice à son zèle pour toi.

Le paradis entre vous deux, c’est voir ce que Dieu mit en elle entre tes bras et le lui dire. Et quand il s’efforce pour toi, Marthe, c’est de lui dire : « Quand tu comprends, je te dois tout. Tu me dois l’autre tout. » Et de rire de joie et de rire d’amour.

La crânerie de décrets est de mise. Car il ne faut pas oublier de lui donner conscience de toi, fille de braves.

Toi, mon ami,
pour être doux comme tous les vrais mâles, c’est-à-dire bienfaisant, réparateur du mal fait à la plus faible, depuis le fond des âges, dis-toi donc :

Même à l’état robuste elle est l’écorchée vive dans notre état social — où rien n’est préparé ni ménagé pour elle si je n’arrive à sa rescousse, moi dictateur de la joie.

L’amour vient pour guérir de douceur le mal fait à la femme par nos lois :

(Droit romain. Code Napoléon, codes de guerre et misogynes, accablant la plus faible, la réduisant à rien. Voir et revoir le code de l’Éternelle Mineure vénéré des juristes, par Paul de Lauribar.)

Et dès ce soir, toi femme
renonce à la bassesse de croire qu’il te faut obéir à l’amour pour lui plaire. J’entends quant à ton attitude lorsqu’il empiète jusqu’à te la dicter.