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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/84

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Scène IX

LE MARQUIS, LE COMTE.



Le Marquis.

Ah çà ! mon cher, vous allez à l’autel comme un chien qu’on fouette. Je ne veux pas votre malheur, moi ! Si la future vous déplaît, il faut le dire.


Le Comte.

Ce n’est pas qu’elle me déplaise, mais…


Le Marquis.

Dites, dites, ne vous gênez pas ! Je ne suis pas en peine d’héritier. Uno avulso non deficit alter, pour parler votre langue. Je me raccrocherai à une autre branche… À celle des Valtravers. Je suis brouillé avec eux ; mais le rapatriage sera facile… Aureus, parbleu !


Le Comte.

Mon cousin, au nom du ciel, ne vous emportez pas !


Le Marquis.

Je ne m’emporte pas, monsieur, je vous mets à votre aise. Il est clair que ce mariage ne vous inspire pas d’enthousiasme.


Le Comte.

Mais si, mon cousin ! il m’en inspire.


Le Marquis.

Ah ! vous ne trouvez pas Fernande assez bien faite ! Faites-en donc autant !