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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/60

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Madame Maréchal.

Vous devez trouver que j’abuse un peu de vous.


Maximilien.

Je suis trop heureux que mes fonctions de lecteur remplissent le vide de mes fonctions de secrétaire. Je n’ai pas fait œuvre de mes dix doigts depuis que je suis chez M. Maréchal.


Madame Maréchal.

Vous lisez comme un ange.


Maximilien.

Vous êtes indulgente.


Madame Maréchal.

À la façon dont vous dites les vers, on sent que vous les aimez… Moi, je les adore. Vous en faites peut-être ?


Maximilien.

J’en ai fait, d’assez mauvais pour ne plus être tenté de recommencer.


Madame Maréchal.

Il me semble que, si j’avais été homme, j’aurais été poète… poète ou soldat. Les femmes sont bien à plaindre, allez ! L’action leur est interdite et on leur défend même de donner une forme à leurs rêveries.


Maximilien.

Pauvres femmes ! (À part.) Ce qui m’étonne, c’est qu’on en trouve encore. (Haut.) Voulez-vous que je continue ?


Madame Maréchal.

Si vous n’êtes pas fatigué de lire… Moi, je ne me lasserais jamais d’écouter. C’est si beau, cette musique !