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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/42

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Scène VI

LE MARQUIS, MARÉCHAL.



Maréchal.

Êtes-vous sûr que votre cousin soit dans son bon sens ? Cathelineau ! le Vendéen de la tribune !


Le Marquis.

C’est un bavard qui m’a défloré le plaisir de vous apprendre une grande nouvelle. Mais d’abord, mon cher Maréchal, êtes-vous bien sûr de la solidité de votre conversion ? Ne sentez-vous plus dans votre cœur le moindre virus libéral ?


Maréchal.

Ce doute m’outrage.


Le Marquis.

Avez-vous complètement renoncé à Voltaire et à ses pompes ?


Maréchal.

Ne me parlez pas de ce monstre ! C’est lui et son ami Rousseau qui ont tout perdu. Tant que les doctrines de ces vauriens-là ne seront pas mortes et enterrées, il n’y aura rien de sacré, il n’y aura pas moyen de jouir tranquillement de sa fortune. Il faut une religion pour le peuple, marquis.


Le Marquis, à part.

Depuis qu’il n’en est plus.