Ouvrir le menu principal

Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/418

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



D’Estrigaud.

Sir James Lindsay ?


André, vivement.

N’est-ce pas lui ? Je serais bien enchanté qu’il y eût erreur, et si vous me donnez seulement votre parole d’honneur…


D’Estrigaud.

C’est lui. — Que vous importe ?


André.

Eh ! morbleu ! ce qu’il veut acheter, n’est-ce pas évidemment le moyen de faire avorter l’entreprise ?


D’Estrigaud.

Sans doute ! Après ?


André.

Comment, après ? Cet argent-là me brûlerait les doigts.


D’Estrigaud.

Vous êtes un enfant. Votre canal ne se fera pas, quoi qu’il arrive. J’ai vu sir James Lindsay. Il a ordre de s’emparer de l’affaire à tout prix. Le moyen le moins coûteux est d’acheter votre concession et de créer une compagnie fictive qui tombera d’elle-même dans un temps donné. Si vous refusez, il dépensera dix millions au lieu de trois, et vous n’aurez pas un rouge liard, voilà tout.


André.

Si j’en étais bien sûr… ce serait différent. Et encore non, cela ne change rien à ma situation. Un devoir stérile n’en est pas moins un devoir. — Ah ! les parents pauvres ont bien besoin de tant raffiner la conscience de leurs