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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/394

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tacte cette partie de l’honneur que j’appelle le cœur. Elle était déchue de sa place légitime, je la lui rends… C’est aussi une restitution que je lui fais ! Et maintenant choisissez d’admirer ma conduite ou de me mettre au ban. » (À Navarette, du ton ordinaire.) Là-dessus, il y aurait un peu d’hésitation, mais c’est alors que d’intervention de l’épée serait efficace, et… va te promener ! j’oubliais Cantenac.


Navarette, vivement.

Il n’est pas mon amant.


D’Estrigaud, lui prenant le menton.

Espiègle !… Il ne pourrait pas me regarder sans rire, et son rire serait contagieux. Allons, n’y pensons plus.


Navarette.

Tu aimes mieux te brûler la cervelle ?


D’Estrigaud.

Ma foi, oui. — Et dire que je perds la partie avec quinte et quatorze en main ! Dans trois mois, je réaliserais ma part du canal de Gibraltar… Tiens, tiens, tiens !


Navarette.

Quoi encore ?


D’Estrigaud.

Je peux la réaliser ce soir même ! Ah ! pour le coup, je suis sauvé.


Navarette.

Sans m’épouser ? Quel bonheur !


D’Estrigaud.

Je rachète sa concession à l’ingénieur, je la lui paye ce qu’il veut, le double de ce qu’elle vaut au besoin, et je la vends trois millions…