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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/379

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Annette, après avoir lu.

Que cette Saint-Gilles est gauche ! Mais qui vous dit qu’elle ne viendra pas ?


D’Estrigaud.

Je lui ai vivement répondu qu’elle trouverait visage de bois, et que je vous avertissais en même temps qu’elle. Ainsi ne lui dites pas que vous êtes venue.


Annette, mettant la table entre elle et d’Estrigaud.

Mais, monsieur, c’est un guet-apens.


D’Estrigaud.

Bien innocent, je vous jure. Vous avez voulu jouer au fin avec moi, vous êtes battue ; cette victoire me suffit, et je prétends la couronner en vous prouvant à quel point vos précautions me faisaient injure.


Annette.

Soit, monsieur ; mais vous m’exposez à être surprise dans un tête-à-tête…


D’Estrigaud.

Rassurez-vous : ordre est donné de ne laisser entrer personne.


Annette.

Mais c’est bien pire, monsieur ! que va penser de moi votre valet de chambre ?


D’Estrigaud.

Absolument rien ; c’est sa consigne chaque fois qu’il me vient des curieuses.


Annette.

Il vous vient des curiosités de toute espèce ; je n’en-