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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/37

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Le Comte.

C’est bien court. N’a-t-il pas quelque nom de terre à prendre pour corriger la crudité de la mésalliance ?


Le Marquis.

J’ai trouvé mieux que cela. Vous épouseriez haut la main la fille de Cathelineau ?


Le Comte.

Certes ! mais quel rapport ?…


Le Marquis.

Entre un soldat et un orateur ? La parole est une épée aussi. D’ici à huit jours, votre beau-père sera le Vendéen de la tribune.


Le Comte.

Bah !


Le Marquis.

J’ai obtenu de nos amis qu’il porterait la parole pour nous dans la session qui va s’ouvrir. — Chut ! c’est encore un secret.


Le Comte.

Que ne commenciez-vous par là, monsieur ! Il n’y a plus mésalliance. La bonne cause anoblit ses champions. — Et vous dites que la jeune fille est riche ?


Le Marquis.

Elle vous apportera de quoi attendre patiemment mon héritage.


Le Comte.

Puisse-t-il ne m’arriver jamais ! — Et elle est belle ?