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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/326

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Tenancier.

Et qu’une immense compassion a seule inspiré ce mensonge à l’homme sans entrailles que voici. — Je suis content de toi, mon ami ; embrasse-moi.


Lucien.

Non ! ce serait approuver l’écriture ci-dessus et je ne l’approuve pas ; il n’y a pas un mot de vrai. Qui t’a pu conter cette bourde-là ?


Tenancier.

Quelqu’un de mal informé peut-être : le père du jeune homme. — Son fils lui avait fait sa confession le lendemain même en lui demandant, d’après ton conseil, la permission de s’engager ; et le pauvre père, ne t’ayant trouvé ni chez toi ni chez moi pour te remercier, n’a pas pu retenir plus longtemps sa reconnaissance et l’a versée dans mon cœur.


Lucien.

Il avait droit de croire qu’elle y resterait.


Tenancier.

Oui, mon cher enfant ; mais la marque de haute confiance que je donne à notre Aline peut te montrer quel prix j’attache à son estime et combien il m’était pénible de te la voir perdre par tes fanfaronnades de perversité.


Aline.

Oh ! monsieur, je vous remercie.


Lucien.

Je ne vous ferai pas l’injure, mademoiselle, de vous recommander le secret le plus absolu. Vous voyez par le repentir de ce pauvre petit diable qu’il est digne de tout intérêt. — Quant à moi, je l’avoue, j’ai été purement