Ouvrir le menu principal

Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/300

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Lucien, très soumis.

Je ne demande pas mieux !… Qu’y trouves-tu à reprendre ?


Tenancier.

Et d’abord, je m’appelle Tenancier et tu t’appelles de Chellebois.


Annette.

Pardon, père, tu t’appelles Tenancier de Chellebois… Mon frère n’a fait que supprimer la moitié de ton nom.


Tenancier.

Oui, la moitié qui implique roture. Cette suppression est une usurpation, mon fils.


Annette.

Eh ! mon Dieu ! mon mariage a lancé Lucien dans un monde où cette usurpation est très bien portée, je t’assure ; et moi-même, je ne suis pas fâchée que le nom de mon frère ne crie pas sur les toits que le marquis Galéotti s’était mésallié en m’épousant. D’ailleurs Lucien ne se donne pas pour gentilhomme ; il n’a que la prétention d’être ce qu’il est en effet, un gentleman.


Tenancier, sèchement.

Je ne sais pas l’anglais.


Annette, souriant.

C’est-à-dire un moyen terme entre le bourgeois et le noble, tenant de l’un par la naissance, de l’autre par l’élégance, la fortune, les relations…


Tenancier.

Et l’oisiveté ! Les petits-fils des hommes de 89 travestissent leurs noms et se consacrent à l’inutilité ! Prenez