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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/295

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Lucien.

Comme pour lui. Quand ce gaillard-là se mêle de l’éducation d’une femme, je te réponds qu’il y paraît. Il n’y a qu’Aurélie qu’il n’ait pu styler : réfractaire aux belles manières, celle-là !


Annette.

Il a été aussi l’amant de mademoiselle Aurélie ?


Lucien.

De qui n’a-t-il pas été l’amant, le bandit ?


Annette.

Ah !


Lucien.

Et il faut le voir, ma chère, avec ses anciennes amours ! admirable ! paternel et magnifique ! il a toujours à leur service un bon conseil et un billet de mille francs… sans intérêts. Aussi, elles l’adorent toutes, et il les fait marcher au doigt et à l’œil… Ah ! c’est un homme fort !


Annette.

Très fort.


Lucien.

Une lame d’acier dans un fourreau de velours ! Quel dommage qu’il ne soit pas né quarante ans plus tôt ! Quel homme de guerre c’eût été ! Toutes les qualités du grand général ! une promptitude de coup d’œil, une soudaineté de décision !…

Il se rassied dans la bergère.

Annette.

Oui, oui, c’est convenu… Raconte-moi plutôt ta scène avec mademoiselle… comment dis-tu ?