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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/294

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Annette.

Est-ce qu’elle te bat ?


Lucien.

Fi donc ! Je le lui ai formellement défendu.


Annette.

Par où cette jeune fille-là peut-elle te plaire ?


Lucien.

Par un point capital : c’est un sauvageon, et ils deviennent de plus en plus rares. Si tu voyais les autres, on dirait des élèves de Saint-Denis. — Alors autant se marier tout de suite, n’est-il pas vrai ?


Annette.

Comment ! le bon ton fait de tels ravages dans ce monde-là ?


Lucien.

Mais oui. Tandis ! que les femmes comme il faut s’évertuent à avoir l’air de biches, les biches s’évertuent à avoir l’air de femmes comme il faut ; c’est un chassé-croisé avec égal succès de part et d’autre. Tiens, par exemple, Navarette, à la ville…


Annette.

Navarette elle-même ?


Lucien.

Oui, cette même Navarette qui est si fantaisiste sur les planches, à la ville elle a toutes les manières de l’ancienne cour.


Annette.

M. d’Estrigaud l’a dressée.