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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/224

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Madame de Verlière.

Et moi, je veux que vous parliez ! Que signifient ces réticences à propos d’un homme que vous connaissez à peine ?


Lancy.

À peine, mais à fond. J’ai été témoin de son adversaire dans un duel qui s’est arrangé sur le terrain, et je vous prie de croire que ce n’est pas nous qui avons mis les pouces.


Madame de Verlière.

Témoin de M. de Saint-Jean ?


Lancy.

Vous connaissez aussi cette affaire-là ?


Madame de Verlière.

Parfaitement. Tous les torts étaient du côté de M. de Mauléon, mais il n’en voulait pas convenir et c’est moi seule qui ai obtenu de lui qu’il fît des excuses. Ce n’est pas la moindre marque d’amour qu’il m’ait donnée. J’en ai été si touchée, que c’est le moment où j’ai senti la nécessité de l’éloigner. Vous n’êtes pas heureux dans vos attaques, mon pauvre Lancy ; — mais vous avez raison, je le fais attendre. Adieu.

Elle sort.