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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/206

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Lancy.

Excellente ; avez-vous le temps de m’écouter ?


Madame de Verlière.

Je l’aurai, quand je devrais le prendre ; j’avoue qu’il me sera agréable de vous trouver une bonne excuse, car je serais fâchée de vous rayer de mes papiers.


Lancy.

C’est tout un récit, je vous en préviens.


Madame de Verlière.

Faites-m’en toujours le plus que vous pourrez, quitte à remettre la suite à demain si l’on nous interrompt.


Lancy, s’asseyant près de la table.

Je commence. Orphelin à vingt-quatre ans…


Madame de Verlière.

Ah ! ah ! votre biographie ? Pourquoi sautez-vous par-dessus votre enfance ?


Lancy.

Parbleu ! si vous y tenez, je reprendrai les choses de plus haut encore, ab ovo, comme Tristan Shandy… d’autant mieux qu’il y a dans ma nativité, comme dans la sienne, une histoire de pendule.


Madame de Verlière.

Merci bien, alors.


Lancy.

N’ayez pas peur. Ma mère m’a souvent raconté qu’elle avait dans sa chambre une ancienne horloge à carillon, et qu’au moment où je vins au monde l’horloge me souhaita la bienvenue en carillonnant joyeusement midi,