Ouvrir le menu principal

Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/20

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Le Marquis.

Puisque je l’ai pleuré !… Occupons-nous de son remplaçant.


La Baronne.

Dites son successeur. Le ciel ne suscite pas deux hommes pareils coup sur coup.


Le Marquis.

Et si je vous disais que j’ai mis la main sur un second exemplaire ?… Oui, baronne, j’ai déterré une plume endiablée, cynique, virulente, qui crache et éclabousse ; un gars qui larderait son propre père d’épigrammes moyennant une modique rétribution, et le mangerait à la croque-au-sel pour cinq francs de plus.


La Baronne.

Permettez, Déodat était de bonne foi.


Le Marquis.

Parbleu ! c’est l’effet du combat : il n’y a plus de mercenaires dans la mêlée ; les coups qu’ils reçoivent leur font une conviction. Je ne donne pas huit jours à notre homme pour nous appartenir corps et âme.


La Baronne.

Si vous n’avez pas d’autres garants de sa fidélité…


Le Marquis.

J’en ai ; je le tiens.


La Baronne.

Par où ?


Le Marquis.

N’importe ! je le tiens.