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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/195

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Maréchal, avec humeur.

N’en parlons plus. Allez en Amérique, et grand bien vous fasse ! Vous n’aimez pas ma fille, voilà tout.


Maximilien, tombant dans le fauteuil du milieu avec un sanglot.

Je ne l’aime pas !


Maréchal, de la porte.

Viens, Fernande. (Fernande, qui a suivi toute la scène du fond du théâtre, s’avance lentement vers Maximilien et, lui prenant la tête entre ses mains, lui donne un baiser au front. Puis elle se redresse et regarde son père.) Es-tu folle ? Me voilà bien maintenant ! Vous triomphez monsieur, vous êtes maître de la situation ; il ne vous reste plus qu’à amener M. Giboyer chez moi et qu’à l’installer dans ma robe de chambre.


Fernande, à Giboyer.

Je serai heureuse, monsieur, que vous m’appeliez votre fille.


Maréchal.

Quoi ! c’est lui ?


Fernande.

Tu ne l’avais pas deviné ?

Elle tend ses mains à Giboyer, qui les couvre de baisers.

Maréchal.

Mais alors, il n’y a rien de changé dans une situation… que j’acceptais. Ce que je vous demande, monsieur de Boyergi, c’est de n’y rien changer.