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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/180

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Maréchal, modeste.

Énorme, mon enfant ! tel qu’on n’en as pas vu depuis dix ans. Ah ! ces messieurs du comité doivent se mordre les doigts de m’avoir retiré leur discours ! Je l’ai pulvérisé ! tu liras le Moniteur demain matin. — Tu n’es pas légitimiste, toi, j’espère ?


Fernande.

Je ne suis rien ; mais je m’étonnais que tu le fusses : car tu n’avais aucune raison de l’être.


Maréchal, se levant.

Je ne l’étais pas au fond… Je m’étais sottement laissé endoctriner par ta belle-mère et ce diable de marquis : j’avais cru à une alliance possible entre l’ancienne aristocratie et la nouvelle ; mais le bandeau est tombé de mes yeux.


Fernande, lui prenant le bras tendrement.

Quoi qu’il en soit, je suis bien heureuse de ton succès, et bien heureuse surtout que ce soit fini.


Maréchal.

Fini ? Ce n’est que le commencement ! Tous les orateurs de l’autre parti se sont inscrits pour demain. Ils vont me livrer un rude assaut ; mais il ne savent pas à qui ils ont affaire ! Ce sera mon tour après-demain ; mes amis comptent sur moi ; je ne leur ferai pas défaut.


Le Domestique, annonçant.

M. de Boyergi !


Maréchal.

Faites entrer. — Laisse-nous, Fernande. Nous avons à causer.

Il l’embrasse au front ; elle sort.