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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/172

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Fernande.

Et quoi donc, madame ? J’admire votre tranquillité.


Madame Maréchal.

Le discours de votre père est magnifique, et je suis sûre que ce sera un triomphe.


Fernande.

Ah ! je n’en demande pas tant.


Madame Maréchal.

Je le crois ; il arbore un drapeau qui n’est pas le vôtre.


Fernande.

Je n’ai pas de drapeau, madame ; je ne me mêle pas de politique.


Madame Maréchal.

Vous m’étonnez : je vous aurais crue républicaine au fond du cœur.


Fernande.

Pourquoi ?


Madame Maréchal.

C’est une opinion qui rapproche les distances.


Fernande.

Je ne vous comprends pas.


Madame Maréchal.

Vous faites encore l’ingénue après l’éclat d’hier ?


Fernande.

L’éclat ?… Il n’y a que vous, madame, pour interpréter à mal une action si simple. Je suis sûre que tous