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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/17

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Scène II

LE MARQUIS, LA BARONNE.



Le Marquis.

Eh ! chère baronne, qui peut valoir à un vieux garçon comme moi l’honneur d’une si belle visite ?


La Baronne.

En vérité, marquis, c’est ce que je me demande. En vous voyant, je ne sais plus pourquoi je suis venue et j’ai bien envie de m’en retourner du même pas.


Le Marquis.

Asseyez-vous donc, méchante femme.


La Baronne.

Non pas ! — Comment ! vous fermez votre porte pendant huit jours, vos gens ont des mines tragiques, vous tenez vos amis dans les transes, on vous pleure déjà, et, quand on pénètre jusqu’à vous, on vous surprend à table !


Le Marquis.

Je vais vous dire : je suis une vieille coquette et je ne me montrerais pas pour un empire quand je suis de mauvaise humeur : or la goutte me change entièrement le caractère ; elle me rend méconnaissable, c’est pourquoi je me cache.


La Baronne.

À la bonne heure ! Je cours rassurer nos amis.