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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/115

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je m’abandonne à ces souvenirs… Rendez-moi mon bracelet.


Le Comte, à part.

C’est un ange !


La Baronne.

Mon Dieu ! qu’on est maladroite d’une seule main ! Venez à mon aide, monsieur le comte ! (Elle tend son bras nu au comte. — Le comte essaye de rattacher la bracelet.) Vous n’êtes pas plus adroit que moi. Voyons si nous en viendrons à bout avec trois mains. (Elle aide le comte. Leurs yeux se rencontrent ; le comte éperdu se détourne. — À part.) Pauvre garçon ! qu’on vienne maintenant lui faire des histoires sur mon compte, on sera bien reçu ! (Haut.) Accompagnerez-vous votre future chez moi ce soir ?


Le Comte.

Ma future ?


La Baronne.

Je le veux. Je n’ai jamais été heureuse ; mais j’aime le bonheur des autres. Ce doit être charmant, l’éclosion d’un amour pur dans une jeune âme. Mademoiselle Fernande doit vous adorer.


Le Comte.

Si elle aime quelqu’un…


La Baronne, vivement.

Ce n’est pas vous ? qui donc ?


Le Comte, revenant à lui.

Personne. Je voulais dire qu’elle m’épouse pour se marier.