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Après la lecture, sœur Marie-Aimée faisait chanter Colette, l’infirme.

Elle chantait toujours les mêmes chansons, mais sa voix était si belle qu’on ne se lassait pas de l’entendre. Elle chantait simplement, sans quitter son ouvrage, en balançant seulement un peu la tête.

Bonne Justine, qui savait l’histoire de chacune, racontait que Colette avait été apportée avec les deux jambes broyées, quand elle était encore toute petite.

Maintenant, elle avait vingt ans : elle marchait péniblement avec deux cannes, et ne voulait pas se servir de béquilles, de peur d’avoir l’air d’une vieille.

Pendant les récréations, je la voyais toujours seule sur un banc. Elle s’étirait sans