Page:Audoux - Marie-Claire.djvu/47

Cette page a été validée par deux contributeurs.




Si Ismérie était bavarde, par contre Marie Renaud ne causait jamais.

Chaque matin, elle m’aidait à faire mon lit ; elle passait soigneusement ses mains sur les draps, pour lisser les cassures ; elle refusait obstinément mon aide pour faire le sien, prétendant que je roulais les draps n’importe comment. J’étais toujours stupéfaite de voir que son lit n’avait aucun désordre à son lever.

Elle finit par me confier qu’elle épinglait ses draps et ses couvertures après son matelas. Elle avait une quantité de petites cachettes pleines de toutes sortes de choses. À table, elle mangeait toujours un bout du dessert de la veille ; celui du jour restait dans sa poche ; elle le caressait et en mangeait un petit morceau de temps en temps. Je la trou-