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Au mois de mai, maître Sylvain ajouta une chèvre à mon troupeau. Il l’avait achetée pour aider la fermière à nourrir le petit enfant qu’elle venait d’avoir après dix ans de mariage.

Cette chèvre était plus difficile à garder que le troupeau tout entier. Elle fut cause que mes moutons entrèrent dans l’avoine, qui était déjà haute.

Le fermier s’en aperçut, et il me gronda ; il m’accusait de m’endormir dans quelque coin, pendant que le troupeau dévastait son champ.

J’étais forcée de passer chaque jour près d’un bois de jeunes sapins. En trois bonds la chèvre l’atteignait, et c’était pendant que je la cher-