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Au commencement du printemps, la fermière m’apprit à traire les vaches et à soigner les porcs. Elle disait qu’elle voulait faire de moi une bonne fermière. Je ne pouvais m’empêcher de penser à la supérieure, quand elle m’avait dit d’un ton méprisant :

— Vous trairez les vaches, et vous soignerez les porcs !

Elle avait l’air de m’infliger une punition en disant cela, et voilà que je n’éprouvais que du contentement à m’occuper des bêtes. Pour me donner de la force, j’appuyais mon front contre le flanc de la vache, et bientôt mon seau s’emplissait. Il se formait au-dessus du lait une écume qui prenait des teintes changeantes, et, quand le soleil passait dessus,