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Au mois de décembre, les vaches restèrent tout à fait à l’étable. Je croyais qu’il en serait de même des moutons. Mais le frère du fermier m’expliqua que la Sologne était un pays très pauvre, et que les fermiers ne récoltaient pas assez de fourrages pour nourrir toutes leurs bêtes.

À présent je m’en allais seule le long des prés et dans les bois. Tous les oiseaux étaient partis. Le brouillard s’étendait sur les terres labourées, et les bois étaient pleins de silence. Il y avait des jours où je me sentais si abandonnée que je croyais que la terre s’était écroulée autour de moi, et quand un corbeau passait en criant dans le ciel gris, sa voix forte et enrouée semblait m’annoncer les malheurs du monde.