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Aussitôt après la moisson, elle me laissa aller seule au champ avec sa chienne. Castille s’ennuyait avec moi, elle me quittait à chaque instant pour retourner à la ferme près de sa vieille maîtresse.

J’avais beaucoup de peine à rassembler mes agneaux, qui couraient de tous côtés. Je me comparais à sœur Marie-Aimée quand elle disait que son petit troupeau était difficile à gouverner ; et cependant elle nous rassemblait d’un coup de cloche, ou elle obtenait le silence en grossissant un peu la voix ; mais moi, j’avais beau grossir ma voix ou faire claquer mon fouet, les agneaux ne comprenaient pas, et j’étais obligée de courir comme un chien autour du troupeau.

Un soir, il se trouva qu’il m’en manquait