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rience a démontré que des agents inamovibles dans le sein de ces sociétés usurpaient bientôt et concentraient en eux seuls l’influence de la Compagnie sur l’opinion publique ; les travaux de leurs confrères étaient autant de trophées élevés à leur renommée, et leurs efforts généreux pour la gloire des arts ne servaient guère qu’à donner un nouvel éclat à des réputations usurpées. Ces hommes privilégiés étaient les tuteurs des sciences ; il est temps qu’elles soient vengées de ces sanglants outrages. Le président de l’Institut national sera renouvelé tous les six mois, et les secrétaires tous les ans. Le bien du service exige qu’ils restent en place une année entière, pour donner plus d’ensemble et d’uniformité, pour homogénéifier en quelque sorte le compte annuel que l’Institut doit rendre de ses travaux au Corps législatif, conformément à la loi. »

Nous ne lui répondrons pas ; c’est Chaptal qui va lui répondre tout à l’heure. Nous ne discuterons pas non plus les divisions et les subdivisions de l’Institut telles qu’elles résultent de l’organisation de l’an III. M. Jules Simon l’a fait avec une autorité particulière, bien qu’on puisse contester l’idée de la suppression absolue des sections[1]. Nous aimons mieux laisser encore à Chaptal le soin de justifier les réformes qui ont été faites sur ce point en l’an XI.

Ce qu’il nous paraît intéressant de montrer en ce moment, c’est l’impossibilité où se trouvent les hommes publics de cette époque d’éviter la comparaison avec les

  1. Une Académie sous le Directoire, p. 174 et suiv.