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Page:Aucoc - L’Institut de France et les anciennes Académies.djvu/40

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savant, le corps représentatif de la république des lettres, l’honorable but de toutes les ambitions de la science et du talent, la plus magnifique récompense des grands efforts et des grands succès ; ce sera, en quelque sorte, un temple national dont les portes, toujours fermées à l’intrigue, ne s’ouvriront qu’au bruit d’une juste renommée.

« Cet Institut raccordera toutes les branches de l’instruction ; il leur imprimera la seule unité qui ne contriste pas le génie et qui n’en ralentisse pas l’essor ; il manifestera toutes les découvertes, pour que celle qui aura le plus approché de la perfection exerce le libre ascendant de l’estime et devienne universelle parce qu’elle sera sentie la meilleure.

« Vous verrez se diriger à ce centre commun et s’y porter par une pente naturelle et nécessaire tout ce que chaque année doit faire éclore de grand, d’utile et de beau sur le sol fertile de la France. Là, des mains habiles diviseront, répandront, renverront partout ces trésors de science, de lumière ; là d’éclairés dispensateurs des couronnes du talent, allumant de toutes parts le feu de l’émulation, appelleront les prodiges que l’activité française a la puissance et le besoin de produire. Là se verront, s’animeront et se comprendront les uns les autres les hommes les plus dignes d’être ensemble ; ils se trouveront réunis comme les représentants de tous les genres de gloire littéraire ; et certes il est temps que la gloire aussi ressente l’influence de l’universelle égalité et qu’elle puisse ouvrir à la fois son temple au savant qui continue Pascal et d’Alembert, au poète qui recommence Racine, à l’orateur, à l’historien, à l’artiste,