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avoir manqué à son engagement. Le Roi se réserva la décision, et l’affaire n’eut pas de suite[1]. Il aurait fallu se souvenir que les premiers membres de l’Académie des inscriptions, alors la petite Académie, avaient été pris exclusivement dans l’Académie française.

On ne peut dissimuler qu’il y avait, dans ces organisations disparates, dans ces inégalités de droits pour les catégories diverses d’académiciens appelés à concourir aux mêmes travaux, dans les rivalités et les froissements qui en devaient naître, dans le pouvoir considérable attribué au Roi, pour certaines Académies, à l’égard des nominations des académiciens et du bureau, et qui permettait d’écarter le mérite reconnu par les meilleurs juges, des arguments pour ceux qui cherchaient en 1789 des abus à corriger, des réformes à faire.


II


La situation des Académies, de 1789 à 1793, peut se résumer en deux mots. Lorsque la révolution de 1789 a éclaté, elles ont été attaquées parce qu’elles constituaient une aristocratie de l’intelligence, compliquée d’aristocratie politique, et que de plus leur organisation intérieure

  1. Maury, L’Ancienne Académie des inscriptions et belles-lettres, p 846.