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grands prix après un concours dont elle avait fixé le programme.

Toutes ces Académies vivaient d’ailleurs à peu près sans relations entre elles. Colbert avait formé, en 1666, le projet de constituer une Académie générale des lettres et des sciences. Fontenelle, dans l’Histoire de l’Académie royale des sciences, donne à ce sujet des détails très précis[1]. La Bibliothèque du Roi était destinée à être le rendez-vous commun des trois compagnies groupées dans « ce grand corps où se réunissaient et se conciliaient tous les talents les plus opposés ». Il y aurait eu, deux fois par semaine, des séances particulières de ceux qui s’appliquaient à l’histoire, de ceux qui étaient dans les belles-lettres, et des mathématiciens et physiciens…, et « afin qu’il y eût quelque chose de commun qui liât les différentes compagnies, on avait résolu d’en faire tous les premiers jeudis du mois une assemblée générale où les secrétaires auraient rapporté les jugements et les décisions de leurs assemblées particulières ». La résistance de l’Académie française fit abandonner le projet. M. Pierre Clément a publié, dans les Lettres, mémoires et instructions de Colbert, une note de Charles Perrault, présentée à Colbert en 1666, qui confirme et complète les indications données par Fontenelle sur ce qu’il appelle « les états généraux de la littérature[2] ».

Il faut dire toutefois que le règlement donné par Pont-

  1. Tome I, p. 5 et 6, édition in-4°.
  2. Voici cette note, où l’on remarquera quatre catégories de savants et littérateurs, au lieu de trois. Toutefois, à voir les matières qui y sont com-